Calcul et concept du point mort

Article mise à jour le: 28 août 2019

Le calcul du point mort d’une entreprise est l’un des éléments à prendre en compte dans toute bonne analyse financière digne de ce nom. Voici quelques explications sur ce concept de point mort, encore appelé seuil de rentabilité ou en anglais breakeven point.

Définition du point mort

Le point mort se calcule de la manière suivante:

seuil de rentabilité = coûts fixes / marge sur coût variable exprimée en pourcentage du chiffre d’affaires.

Conceptuellement, le point mort est le montant de chiffre d’affaires qu’une société doit atteindre pour  couvrir ses coûts fixes et ne pas perdre d’argent. Au delà de ce seuil, l’entreprise commencera à générer du bénéfice. Prenons un exemple pour que cela soit plus parlant. Imaginez une société qui aurait pour 10 000 euros de coûts fixes.   Cette société fabrique chaque mois des stylos et pour chaque stylo vendu 10 euros, elle doit payer 5 euros entre le plastique pour le tube, l’encre, le bouchon et l’emballage. Ces 5 euros de coûts sont variables en ce sens qu’ils varient avec l’activité: pas de production = pas de dépenses de bouchon, plastique, emballage…Sa marge sur coût variable est donc de 10€-5€ soit 5 euros ce qui exprimé en pourcentage de chiffre d’affaires donne une  marge sur coûts variables de 50%.

En faisant donc le calcul 10 000 / 50% = 20 000 €, on obtient le montant de chiffre d’affaires minimal pour que la société puisse couvrir l’ensemble de ses frais fixes et donc commence à dégager du profit. Le point mort est donc un élément fondamental de l’analyse financière.

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Le point mort évolue dans le temps

Le point mort à un moment N ne sera pas forcément le même au moment N+1. Imaginez que la société se développe, qu’elle investisse pour accompagner sa croissance (nouvelles machines, nouveau personnel venant augmenter la masse salariale). Elle s’agrandit et négocie mieux ses achats réalisant des économies d’échelle au passage, augmentant de fait sa marge sur coût variable.

Cette même société l’année suivante aura peut-être pour 30 000 euros de frais fixes, une marge sur coût variable non plus de 50% mais de 60%, son nouveau point mort sera donc de 30 000 / 60% soit 50 000 euros. Elle devra maintenant générer un chiffre d’affaires minimal équivalent à 50 000 euros pour commencer à dégager du profit. Le point mort évolue donc dans le temps. La réduction du point mort permet d’atteindre donc une rentabilité plus rapidement à marge sur coût variable constante.

Ce point mort devra donc être calculé pour chaque période fiscale voir chaque mois selon l’activité afin de maîtriser l’évolution de l’entreprise. En temps de crise, les managers recherchent à baisser ce point mort pour que l’entreprise devienne rentable le plus vite possible.

Le seuil de rentabilité (point mort) est fonction du mix coût fixes/coût variables

Deux entreprises, d’un même secteur d’activité, dégageant un chiffre d’affaires de 10 000 euros sur une année N et de 20 000 euros en année N+1 (100% de croissance du chiffre d’affaires) ne dégageront pas le même montant de résultat net: l’impact d’une variation du chiffre d’affaires sur l’une autre sûrement plus d’impact sur le résultat net que pour l’autre.

Une société dont la part de ses coûts fixes est élevée dans le total de ses coûts connaîtra une sensibilité du résultat d’exploitation d’autant plus forte que la variation du chiffre d’affaires sera minime. Pour vous en rendre compte, lisez cet article consacré au levier opérationnel. L’idée est la suivante: une société ayant à l’opposée une forte part de ses coûts variables dans le total des coûts verra ses coûts évoluer proportionnellement à son activité.

Comme vous pouvez vous l’imaginer, plus une société aura une part de coûts fixes importants et une marge sur coûts variables faible, plus celle-ci sera condamner à générer un chiffre d’affaires élevé.

Plus une société sera proche du point mort, plus sa variation de résultat net sera fort

Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple suivant. Une société atteint son point mort à 10 000 euros de chiffres d’affaires. Sur chaque vente, elle gagne 50% et chaque produit vendu généré un chiffre d’affaires de 100 euros. Chaque vente incrémentale va donc générer un profit immédiat de 50 euros. Jusque là rien de très compliqué.

La relation sera la suivante:

  • 10 000 euros de chiffres d’affaires = le point mort
  • 10 100 euros pour 1 item supplémentaire vendu = 50 euros de résultat d’exploitation (EBITDA)
  • 10 200 euros pour 2 items = 100 euros d’EBITDA
  • 10 300 euros pour 3 items = 150 euros d’BITDA
  • 10 400 euros pour 4 items = 200

Le taux de croissance pour l’ebitda est donc entre 50 et 100 de 100%, entre 100 et 150 de 50%, entre 200 et 150 de 33% et ainsi de suite. L’idée est donc qu’une forte variation entre deux période de l’ebit indique que l’entreprise est proche de son point de rentabilité.

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