Les étapes de l’analyse financière

Article mise à jour le: 5 octobre 2019

Lorsque vous commencez à étudier une entreprise, une bonne méthodologie d’analyse financière s’impose. Impossible en effet d’étudier la structure financière et de parvenir à faire parler les chiffres si l’analyse financière n’est pas réalisée selon certaines étapes: les ratios sont tellement nombreux que sans méthode il est assez facile de s’y perdre. 

Le but d’une analyse financière est de répondre aux questions relatives à la société pour prendre des décisions. Ces décisions peuvent être liées au pilotage de l’entreprise, à la politique d’investissement ou encore à des questions liées au financement de celle-ci. L’idée n’est donc pas de commenter chaque ratio mais plutôt de faire ressortir des points essentiels nécessaires à la compréhension du business étudié.

La logique de la démarche de l’analyse financière est la suivante: Quels sont les résultats de l’entreprise en terme de chiffre d’affaires et de marge (étape 1), pour réaliser ces résultats, quelle est la politique d’investissement de l’entreprise (étape 2), comment finance-t-elle ces investissements (étape 3) puis comment l’entreprise performe-t-elle par rapport à d’autres entreprises du même secteur (étape 4).

1) Analyser le chiffre d’affaires et les marges

La première étape d’une analyse financière consiste à étudier les marges de l’entreprise ainsi que la structure de son chiffre d’affaires. Cette étape se découpe en plusieurs sous-étapes logiques.

L’analyse détaillée dans un premier temps du chiffre d’affaires et du résultat d’exploitation permettra de répondre à plusieurs questions.

Vous pourrez découvrir notamment les effets ciseaux en présence dans l’entreprise: le chiffre d’affaires évolue-t-il dans le même sens que le résultat d’exploitation? Une entreprise peut très bien avoir pour connu une augmentation de son chiffre d’affaires avec une explosion en parallèle de ses charges d’exploitation. Quelle est la stratégie mise en oeuvre par la direction? Est-ce normal?

Cette étape sera l’occasion d’en apprendre plus sur les lignes de revenu d’activité de la société, de connaître sa position concurrentielle sur le marché (si le chiffre d’affaires fait +12% entre deux exercices comptables et que le marché fait +20% dans le même temps, cela signifie que l’entreprise est en train de perdre des parts de marché).

Afin d’étudier dans le détail l’évolution des charges par rapport à l’évolution de son chiffre d’affaires, une technique est de considérer chaque ligne de coût comme un pourcentage du chiffre d’affaires et d’étudier son évolution sur plusieurs exercices fiscaux. Si le poids d’une charge augmente dans le temps, il y a sûrement matière à creuser en poussant l’analyse plus loin sur ce point particulier.

Vous pourrez en apprendre plus sur l’évolution du point mort en séparant les coûts fixes des coûts variables. Cette notion est cruciale pour chaque entreprise: l’entreprise est-elle capable de générer un résultat d’exploitation positif et si oui est-elle éloignée ou non de son seuil de rentabilité.

2) Analyser l’investissement

Il existe deux grandes masses d’investissement pour une entreprise.

Le premier type d’investissement est celui correspondant aux immobilisation à l’actif du bilan. Ces informations sont importantes pour comprendre la stratégie de l’entreprise en rapprochant notamment le montant des nouveaux investissements avec celui des dotations aux amortissements. Les dotations aux amortissements correspondent à l’usure de l’appareil productif. Selon le principe de rattachement comptable des charges au chiffre d’affaires, une entreprise qui fait l’acquisition d’une machine de 30 000 euros à un moment donné et qui pense pouvoir utiliser cette machine pendant 3 ans, devra amortir celle-ci dans son compte de résultat de 10 000 euros chaque année.

Si la direction croit dans l’entreprise et dans son avenir, le montant des nouveaux investissements devra être au moins égale au montant des dotations aux amortissements de la période.  Le cas contraire répété sur plusieurs exercices montrera que sa direction cesse d’y croire ou que cette entreprise n’est qu’une vache à lait en puissance.

Le second poste fondamental en analyse financière à analyser est celui du besoin en fond de roulement. Le besoin en fond de roulement traduit le décalage entre d’une part les stocks et les créances par rapport (à l’actif du bilan) aux dettes fournisseurs (passif du bilan).

Avant l’étape 3, si vous suivez toujours, voici quelques livres dont nous vous recommandons la lecture, à la fois simples et didactiques.

3) Analyser le financement

L’analyse du financement passe dans un premier temps par comprendre ses mouvements de trésorerie. Le célèbre investisseur Warren Buffet appelle la trésorerie « la rente du propriétaire » et a toujours attaché une attention particulière à cet indicateur, celui-ci étant moins manipulable que les autres comptes et ratios par les propriétaires de l’entreprise.

Comment calculer la variation de trésorerie? La première étape consiste à calculer la capacité d’autofinancement de l’entreprise (cashflow en anglais). Le cashflow est un potentiel de cash, il n’est pas le cash en lui même, ceci est expliqué ci dessous.

Le cashflow se calcul de la manière suivante. Il faut repartir du résultat net à fin d’année, lui ajouter les dotations aux amortissements (qui sont des décaissements fictifs), lui soustraire les reprises sur les provisions et autres amortissements puis soustraire les plus values de cession d’actif et ajouter les moins values de cession d’actif (ces plus values correspondent à de l’investissement, ce qui n’est pas pris en compte dans le calcul de la CAF). Vous obtiendrez ainsi le cashflow de l’entreprise.

Ce cashflow n’est cependant pas la trésorerie de l’entreprise! Pour connaître la variation de trésorerie de l’entreprise sur la période, il faut ajouter au cashflow la variation de BFR. Pourquoi? Car si le cashflow témoigne d’un potentiel de cash sur la période donnée, la réalité est différente: l’entreprise accorde des délais de paiement à ses clients, possède des stocks et paie elle-même à crédit ses fournisseurs. Toutes ces opérations ont un impact sur la trésorerie réelle de l’entreprise. Vous obtiendrez donc en ajoutant à la CAF la variation de BFR, le flux de trésorerie d’exploitation de l’entreprise (operating cashflow ou cashflow from operation).

Cette variation ne prend pas en compte les investissements: En retranchant à cette à l’operating cashflow le flux de trésorerie lié au cycle d’investissement… vous obtenez le Free cashflow, concept relativement à la mode dans l’analyse financière moderne. Ce Free cashflow  sert notamment au calcul de valorisation d’une entreprise dans la méthode DCF (Discounted Free Cashflow).

L’autre partie consistera à analyser les ratios de liquidité de l’entreprise comme par exemple le ratio de liquidité immédiate, son ratio d’indépendance financière et celui d’autonomie financière afin de vous faire une idée des grands équilibres de sa structure de financement ainsi que de sa capacité de remboursement. Vous pourrez ainsi en apprendre plus sur l’effet de levier financier de l’entreprise. Une société qui aurait un ratio Dettes / capitaux propres inférieur à 1 pourrait potentiellement être une bonne cible pour un rachat en LBO.

La CAF servira aussi à calculer le ratio CAF / dette financière: les banquiers préférent que ce ratio reste en dessous de 3 ou 4. Pourquoi? Si la CAF représente le potentiel de cash d’une entreprise et si celle-ci arrête d’investir, un ratio égal à 3 signifie qu’elle mettra 3 ans à rembourser ses dettes.

4) l’analyse des ratios de rentabilité

L’idée est à ce niveau de faire ressortir de l’analyse économique les principaux ratios comme celui du rendement de l’actif pour pouvoir effectuer des comparaisons avec d’autres entreprises du même secteur et de faire ressortir l’efficacité de l’entreprise. 

Cet article n’est qu’une proposition de la démarche à adopter, les ratios permettant une analyse détaillée de l’entreprise existent par centaines et certains sont ratio sont plus regardés par certaines entreprises que par d’autres, ceci dépendant en outre du secteur d’activité de l’entreprise.

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