Quand les différences entre le e-commerce et le commerce s’effacent

Article mise à jour le: 23 février 2012

Force est de constater, les différences entre le e-commerce et le commerce traditionnel s’estompent peu à peu.  Retour sur le rapprochement de ces deux canaux de distribution qui est en train de s’opérer.

Un personnel qui bouge du off-line au on-line plus facilement

Dans les années 90 et encore jusqu’au début des années 2000, les profils que l’on retrouvait majoritairement dans les entreprises du net présentaient de grandes similitudes: il s’agissait principalement de profils techniques, aventuriers, pionniers et quelque peu roublards, normal s’agissant d’un secteur qui naissait à peine commercialement. Les acteurs étaient encore peu nombreux et n’avaient pas atteint la taille quasi-critique que l’on observe depuis cette dernière demi décennie.

Avoir un site internet était à l’époque quelque chose d’exceptionnel, le e-commerce était encore bloqué par des freins à l’achat très importants. Les employés type recherchaient avant tout à faire fortune rapidement grâce à de gros paquets de stock-option ou de BCE.

Le profil des employés du e-commerce à évolué au fur et à mesure que l’internet s’est démocratisé.

De grands noms sont apparus dans le secteur du net, les internautes se sont mis à acheter de plus en plus sur le net et les petites structures d’hier sont devenues les grands noms de l’internet.

Parallèlement à cela, des masters spécialisés dans le e-commerce ont commencé à fleurir timidement dans les grandes écoles et les universités pour aujourd’hui faire partie intégrante du cursus de formation initiale des étudiants.

Les entreprises du net ont grossi et avec cette croissance s’est opéré un changement dans les profils des employés: ceux-ci sont venus de secteurs plus traditionnels et ont apporté avec eux leur background technique et commercial. Le passage de la culture pionnière à une culture plus « classique » s’est matérialisé en quelques années dans les organigrammes des entreprises et les pionniers ont laissé peu à peu place à des profils plus traditionnels.

Un boom du e-commerce et des internautes

le nombre d’internaute s’est littéralement envolé ces dernières années et les techniques de marketing conjuguées au renforcement de la sécurité du paiement sur internet ont réussi à provoquer un engouement dans la population, engouement qui s’est traduit par une explosion des ventes et un secteur de la vente sur internet en croissance de 20% par an.

Toutes les couches de la population se sont mises à internet: Internet n’est plus la panacée des jeunes générations mais aussi des seniors et de toutes les personnes âgées de 7 à 77 ans. Il existe bien des écarts mais le taux de pénétration de l’internet par tranche d’âge continue d’augmenter chaque année.

Internet fait des émules et s’institutionnalise donc rapidement depuis une décennie.

Les techniques de ventes se font multicanales

Toutes ces raisons ont conduit à l’avènement d’un double phénomène: les acteurs du monde off-line vendent sur internet et les acteurs de l’internet commencent à se poser la question d’un réseau physique de distribution.

Les techniques de promotion sur l’internet pour les entreprises promotionnelles sont telles que certaines réalisent, à l’instar des acteurs de la VPC, la majorité de leur chiffre d’affaires directement sur internet – l’ancien moyen qu’étaient le catalogue disparaît peu à peu dans les lignes de revenu.

La sncf réalise une part non négligeable de son chiffre d’affaire via son activité on-line. Les techniques de promotion d’une marque passent par le on-line: les grands magasins parisiens par exemple comme le BHV n’hésitent plus à mettre en avant leur site internet directement depuis le point de vente et à renvoyer les internautes sur la boutique on-line et vice versa misant sur une vraie complémentarité des canaux.

Internet est devenu une extension réelle de leur panoplie de vente, la frontière entre les deux canaux n’existera plus et internet sera le prolongement de ce réseau off-line.

Les acteurs traditionnels comme Cdiscount commencent à tester des magasins physiques. Pour corroborer le tout, le patron d’eBay, le plus gros e-commerçant de la planète et l’un des acteurs historiques dans ce secteur a récemment déclaré à titre de provocation que le e-commerce était mort.

Le consommateur utilisera les deux canaux de façon complémentaire

Les internautes sont aussi les consommateurs et les techniques évoluant, il y a fort à parier que l’imbrication entre les deux réseaux on-line et off-line va devenir de plus en plus forte: comparaison du prix des produits directement depuis le téléphone portable, distribution de coupons de réduction directement sur votre boîte mail… Le marketing travaillé sera un marketing de complémentarité entre les canaux dans les prochaines années.

L’information circulera de plus en plus vite et  les acheteurs vérifieront systématiquement les produits on-line depuis leur téléphone lorsqu’ils seront en magasin.

Cela posera des questions non seulement sur le management du pricing des produits (qui sont encore souvent moins chers on-line) et la concurrence pour une boutique de quartier ne viendra plus seulement de la boutique d’à côté mais d’une autre située à des milliers de kilomètres de là.

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