La business intelligence expliquée à ma grand-mère

Parce que la Business Intelligence est un domaine somme toute assez récent -à peine une vingtaine d’années- et qu’elle n’est (malheureusement) pas encore enseignée en école de commerce, un peu d’évangélisation concernant la business intelligence va faire du bien.

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Récemment, en meeting avec des partenaires extérieurs occupant des positions relativement élevées au sein de grands cabinets, j’ai eu la surprise d’entendre « la BI (business intelligence)… ce sont les études de marché, c’est ça? ».  A ce moment là, je me suis dit qu’il restait finalement encore beaucoup de travail pour faire passer cette notion auprès de tout le monde. Dont acte.

Au commencement était la finance…

Tout à commencé avec la Finance au sein des entreprises. La comptabilité et plus généralement la finance, sont sûrement les premières entités en place au sein d’une entreprise. Chaque société, depuis des centaines d’années, doit gagner plus qu’elle ne dépense pour fonctionner, ceci étant l’alpha et l’oméga du business. Pour cela, la comptabilité retraçait les flux financiers et permettait de gérer une entreprise. L’introduction de la comptabilité et notamment de la partie double était une révolution en soi dans la tentative de retracer le cycle de production de l’entreprise.

Tout était relativement simple dans le passé.

Mais voilà, les choses se sont complexifiées et est apparu ce que l’on a appelé ensuite le contrôle de gestion. Cette activité était beaucoup plus détaillée et permettait un grand progrès par rapport à la finance traditionnelle, à savoir aider les opérationnels dans le pilotage quotidien et concret de l’entreprise. Les informations générales sur le cycle financier n’étaient pas suffisantes et le contrôle de gestion marquait un progrès dans la compréhension de l’activité économique des entreprises.

Les notions comme le coût de revient, le prix de vente, les unités consommées étaient à l’ordre du jour. Les premiers tableaux de bord ont vu le jour à cette occasion et le contrôle de gestion avait pour but, in fine, de rendre compte de la réalité de l’entreprise de façon chiffrée et modélisée pour contrôler au plus juste les données financières de l’entreprise.

Le contrôle de gestion et sa diffusion au sein des entreprises a permis d’aider les décideurs dans leur pilotage en collant au plus près de la réalité.

…puis vint l’informatique et tout s’accélera…

L’informatique, et surtout l’équipement croissant en matériel informatique des entreprises ces 40 dernières années, a provoqué un big bang et une accélération du temps: là où 2 semaines de calculs étaient nécessaires dans le passé avec une feuille et un crayon, un tableur excel permettait de faire 30 simulations en changeant quelques cellules en l’espace de quelques heures.

Les informations stockées dans les bases de données, la saisie de l’information via des terminaux, l’automatisation des tâches routinières permise par les premières machines; tout cela a contribué à faire baisser le temps de traitement nécessaire des opérations de bases et donc d’avoir accès en un clin d’oeil aux informations essentielles, ce qui a permis d’aller beaucoup plus loin dans les analyses. 

Les questions que personne n’osait se poser dans le passé comme par exemple, quelle est chaque heure ou en temps réel, la productivité de mes machines ou quel est le pourcentage réel vs target sur chaque ligne de revenu et sur chaque produit par jour, toutes ces questions ont pu trouver des réponses grâce à l’outil informatique.

Cela a eu pour conséquence d’augmenter le nombre d’analyses, de rendre quasiment tout mesurable en temps quasi-réel et donc de créer des rapports et des analyses sur des points qui ne sont plus essentiellement financiers (de base pour une entreprise) mais opérationnels. 

C’est précisément cela la business intelligence: une évolution du contrôle de gestion, avec moins de finance, plus d’opérationnel et surtout une bonne connaissance de l’informatique et des systèmes d’information pour générer et mettre en place les rapports pertinents.

La business intelligence est la discipline qui se distingue du contrôle de gestion par une connaissance à la fois très fine des métiers de l’entreprise (RH, marketing, finance, sales…) via notamment ses process et ses indicateurs principaux et par une compréhension des techniques informatiques permettant de stocker, trier, nettoyer et restituer ces informations. La Business intelligence (ou « BI » en abrégé) est une évolution naturelle et complémentaire du contrôle de gestion.

La business intelligence présente un gros intérêt pour les entreprises, et ce n’est pas pour rien que les DSI ont encore classé en 2013 cette discipline en tête de leurs priorités (Business intelligence = décisionnel).

Les entreprises peuvent réaliser de réelles économies si le projet de décisionnel est correctement mené: les informations les plus importantes vont remonter beaucoup plus rapidement et les opérationnels n’auront plus à perdre du temps inutilement pour de la création de rapports sur un tableur quelconque.

La business intelligence va conjointement avec les opérationnels, mettre en place tous les rapports qui correspondent à la retranscription de la réalité opérationnelle de l’activité et des processus de l’entreprise.

Quel est le profil type d’une personne en business intelligence?

 Le profil est assez atypique si l’on considère le schéma académique traditionnel. Les écoles ont toujours 20 ans de retard entre ce qui est enseigné et les dernières tendances observées en entreprise. Par exemple, on enseigne toujours les 4P en donnant l’illusion aux producteurs que le prix est sous leur contrôle alors qu’il est le plus souvent dicté par la grande distribution (marges arrières par exemple, pression de la concurrence sur le prix) ou encore l’émergence encore timide de masters dédiés à internet alors que son poids dans le PIB est énorme. Bref, les écoles sont en retard.

On observe donc deux profils majeurs dans la business intelligence.

Le premier groupe est constitué d’ingénieurs purs et durs avec une bonne formation en informatique. Maîtriser le code informatique ne s’improvise pas et une solide formation académique est nécessaire pour manipuler correctement les outils qui vont générer les tableaux de bord et autres rapports chiffrés.

Seulement voilà, le risque est que ces ingénieurs ne captent rien du tout aux problématiques et au jargon business (ou encore « métier ») et donc une initiation aux concepts clés de gestion d’entreprise est indispensable.

Le deuxième groupe est, vous vous en doutez, tout simplement son inverse même s’il est plus rare: des profils commerciaux avec une solide appétence pour la technique (ce qui est mon cas). Cela permet de comprendre et souvent d’anticiper les besoins des opérationnels et aussi de les guider dans la création des rapports les plus pertinents.

L’idéal est en réalité de constituer un Centre de Compétence de Business Intelligence qui va regrouper en son sein aussi bien des profils d’ingénieurs formés sur la manipulation des données et des outils de restitution avec des business analystes. Cette population devra apprendre à se connaître pour parler le même langage.

La business intelligence est donc appelée à grandir et à s’institutionnaliser au sein des entreprises dans les prochaines années. La Business Intelligence a de l’avenir.

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